Democratic style

Lorsque je suis allé en Angleterre pour étudier (l’Université française ayant refusé de m’accueillir dans un premier temps) j’ai découvert le MLA style. C’est un style qui renforce l’étude et l’enseignement de la langue et de la littérature.

C’est un un guide de la révérence langagière. Un manuel protocolaire digne de “l’art de réussir” de Nadine de Rotchild.

On y apprend à qui, et comment faire la révérence. La révérence linguistique est la taxe dues à des gens qui ont pensé avant soi.

Il est évident qu’un hommage peut être rendu par quelqu’un qui écrit à celui qui a écrit ce qu’il pense avant lui.

Qui détermine à qui l’on doit rendre hommage, si ce n’est celui qui écrit ?

Par exemple, si je décide de parler de propriété et que j’utilise ces mots : la propriété c’est le vol.
Le MLA style impose d’enfermer les mots entre des guillemets, de mettre entre parenthèse le nom de famille de l’auteur et l’année d’édition, cela donnerait “la propriété c’est le vol” (Proudhon, 1841). Un numéro de révérence est attribué et, en fin d’ouvrage, la liste des titres de propriété intellectuelles est rassemblée dans une Bibliographie.

Toute les personnes qui ont eu l’idée de penser les mots dans cet ordre son propriétaire de l’idée, à jamais (ou presque). En l’espèce, pour “la propriété c’est le vol”, c’est absurde puisque si la propriété intellectuelle de ces mots est du vol, pourquoi y faire révérence ? Fait-on désormais la révérence à des voleurs ?

En l’espèce toujours, Proudhon, à qui l’on attribue cette idée l’aurait volée, selon Karl Marx, à Jacques Pierre Brissot (un révolutionnaire de 89, sans tête désormais).

Propriété intellectuelle

La révérence à la propriété intellectuelle, condition sine qua non à la révérence des autres formes de propriété (foncières, autoritaires, immobiliaires, mobiliaires, langagiaires et même amoureuse).

Lorsque vous écrivez un texte, il est d’usage, de coutume, de tradition, de plier le genoux et de saluer la grandeurs des propriétaires des agencements particuliers des mots qui ont précédé. “C’est comme ça et pas autrement” (Beri, 1970)

Une tradition, comme toute création humaine peut changer. Les révérences langagières aussi, elles changent d’ailleurs tout le temps.

C’est ainsi qu’avec l’apparition d’internet et des liens hypertextes, on peut supprimer les guillemets et pointer directement vers la source de l’information. Cela évite des lourdeurs oculaires, supprime des clôtures entre les mots et facilité la lecture et l’accès à l’information.

Revenons en à “la propriété c’est le vol” (Proudhon, 1841), celui qui oublie les guillemets se rend coupable du plus grand crime de langue majesté : le plagiat.

C’est un crime tellement grand que des robots ont été construit pour repérer les criminels et les dénoncer à la police académique.

Une propriété immobilière

Le problème de la propriété intellectuelle actuelle est qu’elle est considérée comme une propriété immobilière, comme une maison.

On a pris des briques (lettres) qu’on a mélanger pour former un ciment (langue) et avec lesquels on bâti des murs (phrases). Les règles de l’art de la maçonnerie sémantique sont l’orthographe, la grammaire, et le style académique dont le MLA style est l’un des plus brillants (plus utilisé).

En France, les propriétaires de la langue sont réunis dans l’Académie Française. Ce sont souvent des vieux qui s’y retrouvent par cooptation, ou élection. Ils sont les politiciens de la langue. On y trouve des maçons du verbe qui ont parfois du talent, parfois moins.

L’Académie Française a été créée par un roi qui n’en pouvait plus de voir que des écrivains permettaient à ses sujets de s’évader de lui. Il fallut donc cadastrer la langue, clôturer ses champs, de manière à ce que le Roi et ses obligés obtiennent les révérences des lecteurs.

Le Roi en fut si satisfait qu’il demanda à des scientifiques de cour, de créer l’académie des Sciences, et toutes les autres académies (militaire, juridique, médicale, théatrale). Il est impensable que l’on puisse penser sur quelque sujet que ce soit en dehors du Roi, sans qu’un genoux ne se plie devant lui.

Comme tous les ouvrages d’art, vient un jour la question de son actualisation, de sa rénovation. Tous les ans, l’académie française donne droit à des mots d’exister et à d’autres de cesser de l’être.

Si un jour les maçons de l’académie ont été jeunes et fougueux, lorsqu’ils arrivent, à force de révérences, à pénétrer dans l’ordre des maîtres maçon, ils n’ont ni la force et ni l’envie de reconstruire la maison, même si de méchantes fissures apparaissent en façade (écriture inclusive, grammaire justifiant les inégalités).

Lorsque les propriétaires sont vermoulus, la langue dont ils tirent honneur et fortune, finit par ne plus être utilisée, ou mal. Les personnes qui sont exclues de cette propriété la quittent.

Langue démocratique

Les laboratoires Bell (inventeur du téléphone ex æquo avec Meucci), cherchaient à transmettre les messages de la façon à la fois la plus économique et la plus fiable : de manière démocratique en bref.

Soit tu es, alors : 1, soit tu n’es pas : 00. Si tu es tu ne peux pas être plus ou moins que 1.

Ces lettres (0 et 1) sontt organisées en octets et donnent des phrases comme : 00001010 1011100 00101011.

Cette langue informatique a donné naissance à une ribambelle de rejetons certains libres et démocratiques comme JavaScript ou Python, d’autres sont “propriétaires” comme Delphi, le langage est considéré comme “fermé”.

Le problème des langues informatiques fermées, comme des langues sémantiques fermées, est que l’actualisation ne peut être faite que par les propriétaires. Lorsque ceux-ci sont trop vieux, ou trop fatigués ou qu’ils ont envie de faire autre chose, ces langues cessent d’être actualisées.

Les langues informatiques fermées ont tendance à disparaître de ce fait.

La langue sémantique, pour moi le français, meure à petit feu. D’une part parce que les personnes chargées de son actualisation ne s’en intéressent pas (trop concentrés aux jeux politiques), d’autres part parce que les interfaces d’accès à la langue (école, télévision) n’arrivent pas à penser leur dépassement.

L’école obligatoire imaginée depuis les cendres sanglantes de la Commune de paris (Jules Ferry) s’est calcifiée. Les conditions de transmission de la langue ne se sont pas adaptées aux personnes à qui elle devait servir. Le pouvoir politique de l’académie française a préféré adapter les personnes à la langue plutôt que la langue aux personnes.

Dstyle (Style démocratique)

Je ne suis pas en mesure d’établir seul un style démocratique qui puisse dans le même temps libérer les langues sémantiques, tout en préservant une structure qui permette que le plus grand nombre d’usager puissent s’en satisfaire.

Les langues démocratiques aujourd’hui sont limités à l’échange avec des machines.

Si nous voulons vivre dans une société démocratique, la langue française doit se libérer de son carcan propriétaire et lui donner la capacité de s’adapter aux individus qu’elle doit servir, pas l’inverse.

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