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En attente

Décret de suspense de l’abbé Francis Michel

L’évêque d’Evreux, par un rare décret (il en a pris 3 au total), a suspendu un abbé de ses fonctions ecclésiastiques.

A la lecture de ce décret, on est frappé de la ressemblance formelle à une décision de justice humaine. J’y ai appris qu’un abbé devait avoir la permission d’un curé pour faire acte de foi.

Etant donné que l’abbé Francis Michel, agissant comme recteur du Planquay, n’a pas respecté les règles constitutives de ce rectorat, qu’il a célébré des baptêmes et des inhumations et présidé des cérémonies de professions de foi sans permission du curé, alors que ces actions liturgiques lui étaient expressément interdites sans cette permission,

Pour servir Dieu il faut donc une permission d’un curé, un ausweiss.

Un peu de démocratie pour libérer dieu de ses curés ?

Hecastarchy

Dans le cadre de la construction du modèle Hopenmoney les principes Hecastarchystes ont été consultés.

Ils définissent leur modèle ainsi :

L’hécastarchie, ou « gouvernement par chacun », est un mot tiré du grec hekastos « chacun » et archè « autorité » qui décrit un système de rôles par lequel une collectivité se gouverne en répartissant ses décideurs en Équipes distinctes tirées au sort, à l’exception d’une Équipe exécutive élue et d’une Équipe référence d’experts désignés paritairement.”

Leur monnaie établissant un revenu universel s’appelle Heur. Ils indiquent que “la collectivité considère que le travail de chacun a la même valeur “.

Les Hécastarchystes sont intéressant par les mots qu’ils créent (pluseur, alteur, colleur, quoteur,…) pour réaliser leur volonté.

Leur système est intéressant, mais il est trop complexe, ils s’obligent à tout penser de manière optimale. Hopenmoney, repose sur les principes généraux de l’hécastarchie mais procède à une simplification et laisse le choix aux utilisateurs futurs de définir ce qui est bon pour eux.

L’égalité de valeur de vie humaine, l’égalité de pouvoir à gouverner sa propre vie sont les principes simples de la monnaie Houverte.

Est-ce qu’un État peut cesser d’exister ?

Google m’a dit que oui. Dans son “dictionnaire manuel de diplomatie et de droit international public et privé” Carlos Calvo précise:

Un État peut cesser d’exister : soit entièrement , soit en partie seulement.

Il est considéré comme entièrement éteint lorsque tous les membres de la Nation dont il se composait ont péri d’une manière naturelle ou violente;

Lorsqu’ils ont cessé de former une association politique par suite de subjugation, d’émigration ou d’explusion de leur sol natal;

Lorsqu’une association politique se fond avec une autre de sorte que chacune perd son caractère individuel ou que l’une devient surbordonnée à l’autre;

Lorsqu’ils y a incorporation pure et simple de l’État dans un autre;

Lorsque l’État est démembré, divisé en plusieurs États distincts et séparé (démembrement).

Effets de l’extinction.

Les effets de l’extinction totale de la souveraineté d’un sont absolus en ce qui concerne les relations de droit public, c’st à dire qu’ils dénouent de plein droit et font cesser complètement les liens ainsi que les obligations qui n’avaient d’autre fondement que la souveraineté dont le terme est arrivé. […]

Benjamin Franklin – Société de 1789

Extrait du journal de la société de 1789

Dans le comité-général de discussion, tenu le 13 juin à la société de 1789, M. De la Rochefoucauld, député de Paris à L’assemblée, nationale, a lu le morceau suivant sur BENJAMIN FRANKLIN.

Messieurs,

Au moment de votre formation, vous aviez placé sur votre liste deux noms illustres dans les fastes de la liberté, celui de Washington et celui de Franklin, et déjà l’un d’eux n’existait plus; Franklin est mort au mois d’avril, après seize jours de maladie, et sa mémoire a reçu les plus grands honneurs qui aient jamais été décernés, puisqu’ils ont été l’hommage de peuples libres; L’amérique entière a pleuré, et l’Assemblée Nationale de France, vétue de deuil, apprend au monde, par cet acte éclatant, qu’un grand homme appartient également à toutes les nations.

Honoré de l’amitié de cet homme respectable, pour qui j’étais pénétré d’une vénération profonde, permettez moi, messieurs, de vous entretenir de lui quelques instants.

Benjamin Franklin, né à Boston en 1706, placé fort jeune chez un de ses frères qui était imprimeur, s’instruisit avec ardeur dans cet art si utile à l’humanité, et contracta pour l’imprimerie une véritable tendresse qu’il a conservée jusqu’à la fin de ses jours; on l’a vu souvent attirer dans sa retraite de passy qu’il a rendu si célèbre, MM. Didot, Pierres et les autres artiste distingués de la capitale, s’entretenir avec eux de leur profession, et contribuer à ses progrès avec ce génie observateur et inventif qu’il a porté dans les sciences et dans la politique.

Ce génie était le caractère distinctif du grand homme que nous pleurons; toutes les matières vers lesquelles il dirigeait son attention étaient considérées par lui sous tous les aspects, et toujours il résultait des vues nouvelles de cet examen.

Presqu’au sortir de l’enfance, le jeune Franklin, garçon imprimeur, était philosophe, sans s’en rendre compte à lui même, et se formait par l’exercice continuel de son génie à ces grandes découvertes qui ont associé son nom dans les Sciences à celui de Newton et à ces grandes méditations politiques qui l’ont placé à côté des Lycurgues et des Solons.

Maltraité par son frère, il quitta boston et chercha successivement de l’emploi dans une imprimerie, d’abord à New York, et ensuite à Philadelphie, où il se fixa.

L’amérique alor n’était pas ce que nous la voyons aujourd’hui. L’agriculture et quelques arts grossiers occupaient presqu’exclusivement le peuple simple qui l’habitait. le Fanatisme religieux qui y avait conduit les premiers émigrans anglais, y laissait des traces qui avaient été quelques fois nuisibles à sa tranquilité, surtout dans les provinces du nord, et qui bornaient à un cercle étroit, dont la superstition était souve,t le centre, l’éducation que recevaient ses habitants. cependant la Pensylvanie, dont le législateur, quoique fanatique, avait chéri la liberté, se trouvait à cet égard dans une situation plus propre à recevoir le bien fait des lumières.
Peu de temps après son arrivée, Franklin u établit avec quelques autres jeunes gens un petit club n où chacun après son travail, ou dans les jours de repos, apportait le tribut de ses idées, qui y étaient sousmises à la discussion. Cette société, dont le jeune imprimeur était l’ame, a été la source de tous les établissement utiles, tant au progrès des sciences qu’à celui des arts mécaniques, et surtout au perfectionnementde l’intelligence humaine.

une gazette qui sortait de la presse était le moyen dont il se servait pour attirer l’attention de ses compatriotes; là sous le voile de l’anonyme, il jetait comme au hasard des propositions d’abord vagues, puis mieux circonscrite; il provoquait des souscription toujours remplies avec un empressement d’autant plus grand que chaque souscripteur pouvait se regarder comme le chef d’une entreprise dont l’auteur n’était point nommé. C’est ainsi que des bibliothèques publiques ont été fondées, que se sont élevées des maisons d’éducation devenues depuis collèges célèbres, c’est ainsi que s’est formée la société philosophique de Philadelphie, émule et quelques fois rivales des académies d’Europe, c’est ainsi que se sont établies des associations pour parer, nettoyer, éclairer les rues de la ville, pour arrêter les incendies; des sociétés de commerce, et même des corps militaires pour la défense du pays; rien n’était étranger au génie de Franklin; et son nom, que sa modestie avait toujours soin de cacher, était toujours placé par ses compatriotes sur les listes, et souvent à la tête de ces différents corps, qui presque tous, ont voulu le conserver pour leur chef honoraire, lorsque des occupations plus grandes encore l’ont enlevé pour longtemps à sa patrie, qu’il devait mieux servir comme son agent dans la métropole.

Il y fut envoyé dans l’année 1757, et y arriva porteur d’un nom déjà célèbre par ses étonnantes découvertes sur la nature, les effets, l’identité de la foudre et de l’électricité, et sur les moyens de se préserver de ses coups. les lettres par lesquelles il avait annoncées, étaient restées longtemps dans l’oubli à la Société Royale de Londres, mais enfin elle y avaitent été lues, et déjà depuis plusieurs années les savants d’europe, avaient appri qu’il existait dans le nouveau monde un philosophe digne de leur admiration.

L’acte du timbre, par le ministère Britannique voulait accoutumer les amériquains à payer des impôts à la métropole, réveilla chez eux l’amour de la liberté qui avait conduit leurs pères dans ces contrées alors sauvages; les colonies formèrent un congrès, dont la première idée leur avait été donnée par Franklin en 1754, aux conférences d’Albany. La guerre qui venait de se terminer, et les efforts qu’ils avaient faits pour la soutenir, leur avaient donné connaissance de leurs forces : elle résistèrent, et le ministère céda, mais en se réservant les moyens de renouveler ses tentatives. Cependant, une fois averties, elles restèrent en garde ; la Liberté fomentée par leurs craintes, jetait chez elles de profondes racines; Une fermentation salutaire agitait les esprits, et préparait à la Révolution les hommes dont elle a rendu les noms justement célèbres, Hancock, Samuel et John Adams, le sage Jefferson(1), Jay, Gréen, et le grand Washington; enfin la prompte circulation des idées par le moyen des gazettes dont elles devaient l’usage à l’imprimeur de Philadelphie, les unissait ensemble pour résister à toute entreprise nouvelle. ce fut en 1766 que cet imprimeur appelé à la Barre de la chambre des communes y soutient, comme agent des colonies, ce fameux interrogatoire qui placaça le nom de Franklin politique au même degré d’élévation que la physique lui avait déjà marqué.

Depuis ce temps il soutient la cause américaine avec ce caractère de douceur et de fermeté qui sied si bien à un grand homme, prédisant aux ministre toutes les fautes qu’ils ont faites, et toutes les suites qu’elles auraient, jusqu’à l’époque ou l’acte du thé trouvant la même opposition que celui du timbre, l’Angleterre aveuglée crut pouvoir soumettre par la froce, à deux milles lieux d’elles, trois millions d’habitans qui voualient être libres.

Tout le monde connait les détails de cette guerre, son heureux résultat pour l’univers, la part que la France y prit sous un roi qui, protecteur de la liberté de l’Amérique, a mérité depuis que la Nation française lui décerna le titre de Restaurateur de la liberté de son propre pays, et les services éclatants rendus par ce jeune homme, dont le nom glorieusement attaché à cette Révolution, acquiert un nouveau lustré dans une révolution plus grande encore.

Mais tout le monde n’a pas également réfléchi sur l’essai hardi de Franklin en législation. Après avoir déclaré leur indépendance, et s’être placée au rang des nations, les différentes colonies, aujourd’hui États Unis de l’Amérique, se donnèrent chacune une forme de gouvernement; et presque toutes conservant leur antique adminiration pour la constitution Britannique, composèrent les leurs des mêmes élements, diversement modifiés. Franklin seul, débarassant la machine politique de ces rouages nombreux, de ces contrepoids admirés qui la compliquaient, proposa de réduire à la simplicité d’un corps législatif unique; cette grande idée effraya les législateurs de Pensylvanie, mais le philosophe en rassura la moitié, et décida ensuite l’adoption de ce principe dont l’Assemblée nationnale a fait la base de la constitution française (2).

Après avoir donné des lois à son pays, Franklin revint encore une fois le servir en Europe; mais ce ne fut plus par des plaidoyers auprès d’une métropole, par des réponses à la barre de mon parlement, ce fut par des traités avec la France, et successivement avec d’autres puissances qui, quoique gouvernées par des monarques ou des despostes, écoutèrent la voix de l’américain, qui parlait de liberté.

Je l’avais connu quelques années auparavant dans un voyage à Londres; et permettez moi, messieurs, de me rappeler le bonheur que j’eus à son arrivée à paris, de conduire chez lui M. Turgot, alors ex-ministre, et de voir s’embrasser pour la première fois ces deux grands, ces deux ecellents hommes, si dignes tous les deux de l’admiration et des regrets de l’Humanité. franklin au moins a rempli une longue carrière ; mais turgot, enlevé au monde à cinquante quatre ans, n’a pas vu la liberté de son pays. C’est lui qui inscrivit au bas du portrait de Franklin ce beau vers,

Eripuit coelo fulmen, mox sceptra tyrannis.

Il ôte au ciel sa foudre et le sceptre au tyrans

dont le dernier hémistiche était une prophétie qui ne tarda pas à s’accomplir.

Les vicissitudes de la fortune des américains causaient quelques fois de vives inquiétude à leur illustre négociateur ; mais sa grande ame, rassurée par le courage de ses compatriotes, par la fermté du congrès, et surtout par le génie, les talents et les vertus de l’immortel washington, cédait point à la crainte; cependant il ne se flattait pas que la paix vint terminer aussi-tôt le cours de cette heureuse évolution ; et lorsque je l’embrassai, le jour même qu’il l’avait signée, mon ami, me dit-il avec cet air d’une satisfaction douce et complète, pouvais-je espérer, à mon âge, de jouir d’un pareil bonheur ?

Dès lors, quelqu’attrait que le séjour de la France eût pour lui; quelques plaisir qu’il goutât dans la société des amis qu’il s’y était formés ; quelques dangers qu’une longue traversée put présenter à un vieillard de 79 ans, tourmenté des douleurs de la pierre, il lui devint nécessaire de revoir son pays : il partit donc en 1785; et son retour sur cette Terre, devenue libre, fut un triomphe dont l’antiquité ne nous fournit point d’exemple.

Il a vécu cinq ans encore; il a rempli trois ans la place de l’assemblée générale de Pensylvanie ; il a été membre de la dernière convention qui établi la nouvelle forme de gouvernement fédératif, et son dernier acte public a été un grand exemple pour ceux qui coopèrent à la législation de leur pays. Son avis dans cette convention avait différé sur quelques points de celui de la majorité ; mais lorsque les articles furent définitevement arrêtés, il ne doit plus régner qu’un sentiment, dit-il à ses collègues, le bien de la patrie exige que la résolution soit unanime, et il signa.

Des souffrances presque continuelles pendant les deux dernières années de savie, n’avaient altéré ni son esprit, ni son caractère, et jusque au dernier moment Franklin a conservé l’usage de toutes ses facultés. Son testament, qu’il avait fait pendant son séjour en France, et qui vient d’y être ouvert, commençait par ces mots:

Moi Benjamin Franklin, imprimeur, maintenant ministre plénipotentiaire en France, etc.

C’est ainsi qu’en mourant il rendait encore hommage à l’imprimerie, et ce même sentiment l’avait porté à instruire dans cet art son petit fils Benjamin Beach, qui, fier des leçons de son illustre maître, est maintenant imprimeur à Philadelphie.

Il n’a jamais fait que des ouvrages assez courts; ceux de physique consistent presque tous dans des lettres qu’il écrivait à M. Collinson membre de la Société Royale de Londres, et à quelques autres savants d’Europe; Ils ont été traduits par M. Barbeu du Bourg; mais peut être en désirera-t-on une nouvelle traduction; ses œuvres politiques, dont une grande partie n’est pas connue en France, sont composées de lettres ou de petits traités, mais tous, jusques à ses plaisanteries, portent l’empreinte de son génie observateur et de sa philosophie douce; il en a fait plusieurs à l’usage de la partie du peuple qui ne peut pas se livrer à l’étude, et qu’il est si important d’éclairer, et il a su réduire les vérités utiles en maximes faciles à retenir, quelques fois en proverbes, et en petits contes dont les grâces simples et naïves acquièrent un nouveau prix lorsqu’on les rapproche du nom de l’auteur.

Le plus volumineux de ses ouvrages, c’est l’histoire de sa vie qu’il avait commencée pour son fils, et dont on doit la continuation aux ardentes sollicitations de M. le Veillard, l’un de ses amis les plus chers ; elle até l’occupation de ses derniers loisirs, mais le mauvais état de sa santé, et les douleurs acruelles qui ne lui donnaient presq’aucun relâche, ont souvent interrompu ce travail, et les deux copies dont l’une avait été adressée par lui à Londres au docteur Price et à M. Vaughan, et dont l(autre est entre les mains de M. Veillard et dans les miennes, s’arrêtent à 1757. Il y parle de lui comme il aurait parlé d’un autre, il y trace ses pensées, ses actions, et même ses erreurs et ses fautes ; il y peint le développement de son génie et de ses talents, avec la simplicité d’un grand homme qui se rend justice, et avec le sentiment d’une conscience pure qui n’a jamais eu de reproche à se faire;

en effet, messieurs, la vie entière de Franklin, ses méditations, ses travaux, tout a été dirigé vers l’utilité publique, mais ce grand objet qu’il avait toujours en vue ne fermait pas son ame aux sentiments particuliers ; il aimait sa famille, ses amis, il était bienfaisant; les charmes de sa société étaient bienfaisant; les charmes de sa société étaient inexprimables: il parlait peu, mais il ne se refusait point à parler, e sa conversation, toujours intéressante, était toujours instructive. Au milieu de ses plus grands travaux pour la liberté de son pays, il avait toujours près de lui, dans son cabinet, quelque expérience de physique, et les sciences, qu’il avait découvertes plus encore qu’étudiées, ont été pour lui une source continuelle de plaisir.

Vous jouirez, messieurs, de ses mémoires aussitôt que nous aurons reçu d’Amérique ce qu’il peut avoir ajouté à ce que nous possédons et nous nous proposons ensuite de donner une collection complète de ses oeuvres.

Son nom va retenir dans toutes les sociétés politiques ou savantes; de nombreux éloges seront écrits ou prononcés, et vous attendrez sans doute avec impatience celui dans lequel l’orateur citoyen (M. De Condorcet), organe de l’académie des Sciences, louera dignement un confrère qu’il lui appartient d’apprécier : il sera le précurseur de l’histoire qui placera le nom de Franklin parmi les noms des plus célèbres bienfaiteurs de l’humanité ; et, sans doute, après avoir retracé sa vie, après avoir peint la douleur de ses concitoyens qui tous croyainet avoir perdu un père ou un ami, après avoir raconté les honneurs rendus par eux à sa mémoire, elle signalera dans ses fastes l’hommage éclatant que l’Assemblée nationale vient d’y ajouter comme une époque remarquable, et digne à la fois de la Nation, qui s’est honorée de cet hommage, et du grand homme qui l’a mérité.

Immédiatement après cette lecture, M. de Liancourt a fait la motion que les membres de la société portassent le deuil décrété pas l’assemblée nationale, et que le butst de Fraklin fut placé dans la salle d’assemblée avec cette inscription :

Hommage rendu par le voeu unanime de la société de 1789 à Benjamin Franklin, objet de l’admiration et des regrets des amis de la liberté.

Cette motion a été adoptée à l’unanimité.
M. de la Rochefoucauld a offert alors à la société un buste de Benjamin Franklin et l’assemblée lui a voté des remerciements.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722959k/f4.image.r=benjamin%20franklin

  1. M. Jefferson, depuis ministre plénipotentiaire des États Unis en France, où il a remplacé Franklin; c’est sa plume qui a tracé l’acte d’indépendance des États Unis, et l’acte de Virginie pour établir la liberté de religion. L’Amérique vient de l’enlever à la France, où il laisse de véritables regrets, pour lui donner la place de secrétaire d’État des affaires étrangères.

2. La Marche ordinaire de l’esprit des Hommes les conduit au simple par le composé. Voyez les ouvrages des premiers mécaniciens surchargés de pièces nombreuses, dont les unes embarrassent, et les autres diminuent leur effet. il en a été de même des législateurs et publicistes; ont-ils été frappés d’un abus, ils lui ont opposé une institution qui souvent a produit des abus plus grands. l’unité du corps législatif est en économie politique le maximum de la simplicité : Franklin a le premier osé proposer de mettre cette idée en pratique; le respect des Pensylvaniens la leur fit adopter ; mais elle effraya les autres États, et même la constitution de Pennsylvanie a depuis été changée. En Europe cette opinion a eu plus de succès, mais il fallu du temps. Lorsque j’eus l’Honneur de présenter à Franklin la traduction des constitutions de l’Amérique, les esprirts n’étaient guère mieux disposés en deçà qu’au delà de la mer Atlantique ; et si l’on excepte le docteur Price en Angleterre, et en France Turgot et M. de Condorcet, presque tous les hommes qui s’occupaient alors d’idées politiques n’étaient pas de l’avis du philosophe américain. J’ose dire que j’étais du petit nombre de ceux qui avaient été frappés de la beauté du plan simple qu’il avait tracé, et que je n’ai pas eu besoin de changer d’avis, lorsqu’à la voix des penseurs profonds, et des orateurs éloquents qui ont traité devant elle de cette importante question, l’Assemblée Nationale a établi pour principe de la constitution française, que la législation serait confiée à un corps unique de représentants. Peut être me pardonnera-t-on d’avoir une fois parlé de moi dans un temps d’honneur que j’ai d’^être homme public, me fait un devoir de rendre compte à mes concitoyens de la suite de mes opinions. La France ne rétrogadera pas vers un système plus compliqué, et sans doute elle aura la gloire de maintenir celui qu’elle établit : et de lui donner une perfection sur laquelle le spectacle d’une grande nation heureuse fixera les yeux de l’Europe et du monde entier.

Tirage au sort

SORT, (Jurisprud.) On entend par ce terme, le hasard produit dans les partages.

D’après la définition fournie par l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Après avoir formé les lots, ceux-ci sont distribués ou par choix ou par convention, ou enfin on les tire au sort.

Dans ce dernier cas, on fait autant de petits billets qu’il y a de lots, et l’on écrit sur l’un premier lot, et sur l’autre second lot, et ainsi des autres. On mélange ensuite ces billets après les avoir pliés ou roulés, et on les fait tirer l’un après l’autre, un pour chaque héritier, suivant l’ordre de progéniture. Selon le billet qui échet, on écrit dans le partage que le premier lot est advenu à un tel, le second à un tel.

Sort, (Critiq. sacr.) manière de décider les choses par le hasard. Cet usage est très-convenable dans plusieurs occasions, surtout dans celles où il n’y a aucune raison de préférence.

Alors l’auteur des Proverbes a raison de dire que le sort termine toute dispute. Son usage était fréquent chez les Hébreux, comme cela paraît dans plusieurs endroits de l’Ecriture. La terre promise fut partagée au sort. Les Levites reçurent leur lot par le même moyen. Dans le jour de l’expiation, on jettait le sort sur les deux boucs, pour savoir lequel des deux serait immolé. David distribua par le sort les rangs aux vingt-quatre bandes de prêtres qui devaient servir dans les temples.

Quand il fut question de remplir la place de Judas dans l’apostolat, le sort tomba sur saint Matthias. Enfin la robe de Jésus-Christ fut jetée au sort.

Mais la manière de tirer le sort chez les Juifs, n’est pas marquée fort distinctement dans l’Ecriture ; et nous n’en voyons qu’une sorte exprimée dans Salomon. On jetait les sorts (apparemment des billets) dans le pan d’une robe, d’où, après les avoir bien mêlés, on les tirait pour la décision.

Le mot sort désigne encore dans l’Ecriture l’effet du sort, le partage. La méchante femme doit être le partage des pécheurs, sors peccatorum, Ecclés. xxv. 26. C’est-à-dire, que le pécheur mérite de souffrir la mauvaise humeur d’une méchante femme plutôt que l’homme vertueux ; mais malheureusement le sort ne le décide pas toujours ainsi. (D. J.)

Sorts, (Théologie payenne) sortes. Le sort est l’effet du hasard, et comme la décision ou l’oracle de la fortune ; mais les sorts sont les instruments dont on se sert pour savoir quelle est cette décision.

Les sorts étaient le plus souvent des espèce de dés, sur lesquels étaient gravés quelques caractères ou quelques mots dont on allait chercher l’explication dans des tables faites exprès. Les usages étaient différents sur les sorts. Dans quelques temples on les jetait soi-même ; dans d’autres on les faisait sortir d’une urne, d’où est venue cette manière de parler si ordinaire aux Grecs, le sort est tombé.

Ce jeu de dés était toujours précédé de sacrifices et de beaucoup de cérémonies ; apparemment les prêtres savaient manier les dés ; mais s’ils ne voulaient pas prendre cette peine, ils n’avoient qu’à les laisser aller ; ils étaient toujours maîtres de l’explication.

Les Lacédémoniens allèrent un jour consulter les sorts de Dodone, sur quelque guerre qu’ils entreprenaient ; car outre les chênes parlants, les colombes, les bassins et l’oracle, il y avait encore des sorts à Dodone. Après toutes les cérémonies faites, sur le point qu’on allait jeter les sorts avec beaucoup de respect et de vénération, voilà un singe du roi des Molosses, qui étant entré dans le temple, renverse les sorts et l’urne. La prêtresse effrayée dit aux Lacédémoniens qu’ils ne devaient pas songer à vaincre, mais seulement à se sauver ; et tous les écrivains assurent que jamais Lacédémone ne reçut un présage plus funeste.

Les plus célèbres entre les sorts étaient à Préneste et à Antium, deux petites villes d’Italie. A Préneste était la fortune, et à Antium les fortunes.

Les fortunes d’Antium avoient cela de remarquable, que c’étaient des statues qui se remuaient d’elles-mêmes, selon le témoignage de Macrobe, l. I. c. xxiij. et dont les mouvements différents, ou servaient de réponse, ou marquaient si l’on pouvait consulter les sorts.

Un passage de Ciceron, au liv. II. de la divination, où il dit que l’on consultait les sorts de Préneste par le consentement de la fortune, peut faire croire que cette fortune savait aussi remuer la tête, ou donner quelqu’autre signe de ses volontés.

Nous trouvons encore quelques statues qui avoient cette même propriété. Diodore de Sicile & Quint-Curce disent que Jupiter-Ammon était porté par quatre-vingt prêtres dans une espèce de gondole d’or, d’où pendaient des coupes d’argent ; qu’il était suivi d’un grand nombre de femmes & de filles qui chantaient des hymnes en langue du pays, et que ce dieu porté par ses prêtres, les conduisait en leur marquant par quelques mouvements où il voulait aller.

Le dieu d’Héliopolis de Syrie, selon Macrobe, en faisait autant : toute la différence était qu’il voulait être porté par les gens les plus qualifiés de la province, qui eussent long-temps auparavant vécu en continence, et qui se fussent fait raser la tête.

Lucien, dans le traité de la déesse de Syrie, dit qu’il a vu un Apollon encore plus miraculeux ; car étant porté sur les épaules de ses prêtres, il s’avisa de les laisser là, & de se promener par les airs, & cela aux yeux d’un homme tel que Lucien, ce qui est considérable.

Dans l’Orient les sorts étaient des flèches, et aujourd’hui encore les Turcs & les Arabes s’en servent de la même manière. Ezéchiel dit que Nabuchodonosor mêla ses flèches contre Ammon & Jérusalem, et que la flèche sortit contre Jérusalem. C’était-là une belle manière de résoudre auquel de ces deux peuples il ferait la guerre.

Dans la Grèce et dans l’Italie on tirait souvent les sorts de quelque poète célèbre, comme Homère ou Eurypide ; ce qui se présentait à l’ouverture du livre, était l’arrêt du ciel. L’histoire en fournit mille exemples. Voyez Sorts d’Homère.

On voit même que quelques 200 ans après la mort de Virgile, on faisait déja assez de cas de ses vers pour les croire prophétiques, et pour les mettre en la place des sorts qui avoient été à Préneste ; car Alexandre Severe encore particulier, et dans le temps que l’empereur Héliogabale ne lui voulait pas de bien, reçut pour réponse dans le temple de Préneste cet endroit de Virgile dont le sens est : « Si tu peux surmonter les destins contraires, tu seras Marcellus ».

Les sorts passèrent jusque dans le christianisme ; on les prit dans les livres sacrés, au-lieu que les païens les prenaient dans leurs poètes. S. Augustin, dans l’épître cxix. à Januarius, paraît ne désapprouver cet usage que sur ce qui regarde les affaires du siècle. Grégoire de Tours nous apprend lui-même quelle était sa pratique ; il passait plusieurs jours dans le jeune & dans la prière ; ensuite il allait au tombeau de saint Martin, où il ouvrait tel livre de l’Ecriture qu’il voulait, & il prenait pour la réponse de Dieu le premier passage qui s’offrait à ses yeux. Si ce passage ne faisait rien au sujet, il ouvrait un autre livre de l’Ecriture.

D’autres prenaient pour sort divin la première chose qu’ils entendaient chanter en entrant dans l’église. Voyez Sorts des Saints.

Mais qui croirait qu’Héraclius délibérant en quel lieu il ferait passer l’hiver à son armée, se détermina par cette espèce de sort ? Il fit purifier son armée pendant trois jours ; ensuite il ouvrit le livre des évangiles, et trouva que son quartier d’hiver lui était marqué dans l’Albanie. Était-ce là une affaire dont on pût espérer de trouver la décision dans l’Ecriture ?

L’Eglise est enfin venue à-bout d’exterminer cette superstition ; mais il lui a fallu du temps.

Du moment que l’erreur est en possession des esprits, c’est une merveille, si elle ne s’y maintient toujours. (D. J.)

Sorts d’Homere, (Divinat. du paganisme.) sortes Homericæ ; espèce de divination. Elle consistait à ouvrir au hasard les écrits d’Homère, et à tirer à la première inscription de la page qui se présentait à la vue, un augure ou pronostic, de ce qui devait arriver à soi-même et aux autres, ou des règles de conduite convenables aux circonstances dans lesquelles on se trouvait. Les Grecs donnaient à ce genre de divination le nom de στοιχειομαντεία, ῥαψῳδομαντεία, ῥαψωδομαντική.

L’antiquité païenne semble avoir regardé ceux qui avaient le talent supérieur de la poésie, comme des hommes inspirés ; ils se donnaient pour tels ; ils assuraient qu’ils parlaient le langage des dieux, et les peuples les ont cru sur leur parole. L’Iliade et l’Odyssée sont remplis d’un si grand nombre de traits de religion et de morale ; ils contiennent dans leur étendue une si prodigieuse variété d’événements, de sentences et de maximes applicables à toutes les circonstances de la vie, qu’il n’est pas étonnant que ceux qui par hasard ou de dessein formé, jetaient les yeux sur ces poèmes, aient cru y trouver quelquefois des prédictions ou des conseils : il aura suffi que le succès ait justifié de temps en temps la curiosité des personnes, qui dans des situations embarrassantes on eu recours à cet expédient, pour qu’on se soit insensiblement accoutumé à regarder les écrits de ce poète, comme un oracle toujours prêt à rendre des réponses à quiconque voudrait l’interroger. On ne peut s’imaginer à quel point les hommes portent la crédulité, lorsqu’ils sont agités par la crainte ou par l’espérance.

Ce n’était point-là un de ces préjuges qui ne règnent que sur le vulgaire ; de grands personnages de l’antiquité, ceux principalement qui aspiraient à gouverner les autres, n’ont pas été exempts de cette chimère. Mais ce ne fut point par cette idée superstitieuse que Socrate dans sa prison, entendant réciter ces vers qu’Homère met dans la bouche d’Achille ; j’arriverai le troisième jour à la fertile Phthie,

Ἤματί κεν τριτάτῳ φθίην ἐρίβωλον ἱκοίμην,

se mit à dire qu’il n’avait donc plus que trois jours à vivre ; il badinait sur l’équivoque du mot φθίην, qui signifie le pays de Phthie, et la corruption ou la mort ; cependant ce badinage qu’il fit en présence d’Eschine, ne fut point oublié, parce qu’il mourut trois jours après.

Échine orateur grec , https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521435/f17.item.r=Eschine

Valere-Maxime raconte que Brutus eut le triste présage du sort qui l’attendait à la bataille de Philippe. Le hasard lui ayant offert cet endroit de l’Iliade, où Patrocle se plaint que « le cruel destin et le fils de Latone lui ont ôté la vie ».

Ἀλλά με μοῖρ᾿ ὀλοὴ καὶ Λητoῦς έκτανεν υἱός.

L’application que cet illustre romain s’en fit à lui-même, fut justifiée par l’événement.

Si l’on en croit Lampride, l’empereur Macrin curieux d’apprendre dans le même poëte, si son règne serait long et heureux, tomba sur ces vers qu’on peut rendre ainsi. « Vieillard, vous êtes furieusement serré par de jeunes guerriers ; votre force est anéantie, et vous êtes menacé d’une triste vieillesse » :

Ὦ γέρον, ἦ μάλα δή σε νέοι τείρουσι μαχηταί,
Σὴ δὲ βίη λέλυται, χαλεπὸν δέ σε γῆρας ὀπάζει.

Comme cet empereur étoit déja avancé en âge, lorsqu’il parvint à la souveraine puissance, qu’il ne régna que quatorze mois, & que Héliogable n’étoit âgé que d’un pareil nombre d’années, lorsqu’il lui ôta la vie avec l’empire ; on trouva dans ces paroles une prédiction de la mort tragique de Macrin.

Au reste, Homère ne fut pas le seul dont les vers eussent le privilège d’être regardés comme renfermant des oracles ; les Grecs firent quelquefois le même honneur à ceux d’Eurypide ; il paraît par un endroit d’Hérodote, qu’on croyait que les poésies de Musée contenaient aussi des présages. Cet historien raconte qu’Onomacrite qui faisait profession d’interpréter ou de développer ces sortes de prédictions, fut banni d’Athenes par Hipparque, fils de Pisistrate, pour avoir altéré les écrits de ce poète et y avoir inséré un vers qui portait, que les îles adjacentes à celles de Lemnos, seraient submergées.

Enfin, Virgile eut la gloire de succéder aux poètes grecs, et de partager avec eux l’art de prédire les événements. Voyez Sorts de Virgile. (D. J.)

Sorts de Préneste, (Divinat. des Rom.) les plus célebres de toute l’Italie ; c’est une curiosité raisonnable de chercher à savoir en quoi consistoit cet oracle, & comme il se rendoit.

Ciceron, liv. I I. de la divination, sect. 41. nous apprend que les archives de Préneste portaient, qu’un homme des plus considérables de la ville, nommé Numerius-Suffucius, fut averti par plusieurs songes réitérés & menaçants, d’aller entr’ouvrir un rocher dans un certain lieu ; qu’il y alla, brisa ce rocher, & qu’il en sortit plusieurs sorts ; c’était de petits morceaux de bois de rouvre bien taillés & bien polis, sur lesquels étoient écrits des prédictions en caractères antiques ; on mit ces petits morceaux de bois dans un coffre d’olivier. Pour les consulter, on ouvrait ce coffre, on faisait mêler ensemble tous ces sorts, par un enfant, il en tirait un, et c’était la réponse que l’oracle donnait aux consultants. Ce coffre continue Cicéron, est aujourd’hui religieusement gardé, à cause de Jupiter enfant, qui y est représenté avec Junon, tous deux dans le sein de la fortune qui leur donne la mamelle, & toutes les bonnes mères y ont une grande dévotion.

Plutarque prétend qu’on tirait plusieurs petits morceaux de bois du coffre, et que les caractères gravés sur chacun étant rassemblés composaient la prophétie ; mais outre que Ciceron dit le contraire, il paraît clairement par un passage de Tite-Live, que chacun de ces sorts contenait toute la prophétie ; voici les propres termes de l’historien, au commencement du liv. XXII. Faleriis cælum fendi visum velut magno hiatu quaque patuerit ingens lumen effulsisse, sortes sua sponte attenuatas, unamque excidisse ità scriptam, Mars telum suum concutit. « On vit à Faleres le ciel se fendre & s’entrouvrir, & une grande lumière remplir ce grand vide. Les sorts diminuèrent & s’appetissèrent d’eux-mêmes, & il en tomba un où étaient écrites cet paroles, Mars prépare ses armes ».

Les prêtres se servirent habilement de ces sorts pour se procurer du profit et du crédit. Tota res est inventa fallaciis, aut ad quæstum, aut ad superstitionem, dit Ciceron.

Mais que signifient ces mêmes sorts dont parle Tite-Live, qui diminuèrent & s’appetissèrent d’eux-mêmes, sortes suâ sponte attenuatas ? Peut-être que ces sorts étaient doubles, je veux dire, qu’il y en avait de grands & de petits, tous semblables, & que les prêtres faisaient tirer les uns ou les autres, selon qu’ils voulaient effrayer ou encourager les consultants. Il est certain qu’en matière de prodiges, on prenait à bonne augure les choses qui paraissaient plus grandes que de coutume ; & au contraire, on tenait à mauvais présage les choses qui paraissaient plus petites qu’elles ne sont naturellement, comme Saumaise l’a prouvé dans ses commentaires sur Solin. Il suit de-là que les sorts appetissés, sortes extenuatæ, pronostiquaient par eux-mêmes un événement sinistre ; mais j’aime à voir ce que les Philosophes pensaient des sorts en général, & ce que devinrent ceux de Préneste en particulier ; Ciceron m’en éclaircit lui-même.

Qu’est-ce à votre avis, que les sorts, disait-il à un stoïcien ? C’est à-peu-près, comme de jouer au nombre, en haussant et en fermant les doigts, ou de jouer aux osselets et aux dés; en quoi le hasard, et peut-être une mauvaise subtilité, peuvent avoir quelque part, mais où la sagesse & la raison n’en ont aucune. Les sorts sont donc pleins de tromperie, & c’est une invention, ou de la superstition, ou de l’avidité du gain. La divination par les sorts est désormais entièrement décriée. La beauté & l’antiquité du temple de Préneste a véritablement conservé le nom des sorts de Preneste, mais parmi le peuple uniquement ; car y a-t-il quelque magistrat, quelqu’Homme un peu considérable qui y ait le moindre recours ? Par-tout ailleurs on n’en parle plus, et c’est ce qui faisait dire à Carnéade, qu’il n’avait jamais vu la fortune plus fortunée qu’à Préneste.

Cependant, il s’en fallut peu qu’ils ne revinssent en crédit du tems de Tibere. Suétone nous apprend, que cet empereur ayant formé le projet de ruiner tous les oracles voisins de Rome, ceux d’Antium, de Cœrès, de Tibur & de Préneste, en fut détourné par la majesté de ces derniers, car s’étant fait remettre le coffre bien formé & bien cacheté, les sorts ne s’y trouvèrent point, mais ce coffre ne fut pas plutôt reporté dans le temple de Préneste, que les sorts s’y trouvèrent comme de coutume.

Il n’est pas difficile de reconnaître ici l’adresse des prêtres, qui voulurent relever le crédit de leur ancien oracle ; mais son temps était passé, personne ne se rendit sur les lieux pour y avoir recours ; et ce qu’il y a de bien singulier, les sorts de Virgile n’ayant pour eux aucun apparat de religion, emportèrent la balance, & succédèrent à ceux de Préneste.

Sorts de Virgile, (Divinat. du Paganis.) sortes Virgilianæ, divination qui consistoit à ouvrir les œuvres de Virgile, et à en tirer, à l’inspection de la page que le hasard offrait, des présages des événements futurs.

Le temps ayant insensiblement donné de l’autorité aux poésies de Virgile, les Latins s’accoutumèrent de même à les consulter dans les occasions où il leur était important de connaître la volonté du ciel. L’histoire des empereurs Romains, sur-tout depuis Trajan, en fournit plusieurs exemples. Le premier dont nous ayons connaissance est celui d’Adrien : inquiet de savoir quels étaient les dispositions de Trajan à son égard, et s’il le désignerait pour son successeur à l’empire, il prit l’Enéide de Virgile, l’ouvrit au hasard, & y lut ces vers du VI. livre.

Quis procul ille autem ramis insignis olivoe
Sacra ferens ! nosco crines incanaque menta
Regis Romani ; primus qui legibus urbem
Fundabit, curibus parvis & paupere terra
Missus in imperium magnum……

Comme on ne se rend pas difficile sur les choses qui flattent les désirs, quelques légères convenances qu’Adrien trouva dans ces vers avec son caractère, ses inclinations, le goût qu’il avait pour la philosophie & pour les cérémonies religieuses, le rassurèrent ; et si l’on ajoute foi à Spartien, le fortifièrent dans l’espérance qu’il avait de parvenir à l’empire.

Lampride rapporte qu’Alexandre Severe qui devoit pour lors être très-jeune, puisqu’il n’avoit que treize ans lorsqu’il fut nommé empereur, s’appliquant avec ardeur à l’étude de la Philosophie & de la Musique ; Mammée sa mere lui conseilla de faire plutôt son occupation des Arts & des Sciences nécessaires à ceux qui sont destinés à gouverner les hommes, & qu’Alexandre se conforma d’autant plus volontiers à cet avis, qu’ayant consulté Virgile sur le sort qui lui étoit réservé, il crut y trouver un présage assuré de son élévation à l’empire dans ces fameux vers :

Excudent alii spirantia mollius æra,
Credo equidem, &c.
Tu regere imperio populos, Romane, memento ;
Hæ tibi erunt artes.

Claude le Gothique voulant savoir quelle seroit la durée de son regne, consulta Virgile à l’ouverture du livre, & lut ce vers.

Tertia dum latio regnantem viderit æstas.
alors il tira la conclusion, qu’il n’avoit au plus que trois ans à vivre ; l’auteur qui nous a conservé ce fait, assure que Claude ne survécut en effet que deux ans à cette espece de prédiction ; & que celles qu’il crut de même avoir trouvées dans Virgile sur ce qui devoit arriver à son frere & à sa postérité, eurent aussi leur accomplissement.

On rencontre dans les auteurs plusieurs exemples de cette espece ; Bullengerus en a recueilli une partie dans le traité qu’il a composé sur ce sujet ; mais ceux que l’on vient de rapporter suffisent pour montrer jusqu’où peut aller la superstition humaine. (D. J.)

Sorts des saints, (Divinat. des Chrétiens.) sortes sanctorum, espèce de divination qui vers le troisième siècle s’est introduite chez les Chrétiens à l’imitation de celles qu’on nommait parmi les païens, sortes homericæ, sortes virgilianæ.

Elle consistait à ouvrir au hasard les livres sacrés, dans l’espérance d’y trouver quelques lumières sur le parti qu’ils avaient à suivre dans telles et telles circonstances ; d’y apprendre, si le succès des événements qui les intéressaient, serait heureux ou malheureux, et ce qu’ils devaient craindre ou espérer du caractère, de la conduite, & du gouvernement des personnes auxquelles ils étaient soumis.

L’usage avait établi deux manières de consulter la volonté de Dieu par cette voie : la première était, comme on vient de le dire, d’ouvrir au hasard quelques livres de l’Ecriture-sainte, après avoir imploré auparavant le secours du ciel par des jeûnes, des prières, et d’autres pratiques religieuses. Dans la seconde qui était beaucoup plus simple, on se contentait de regarder comme un conseil sur ce qu’on avait à faire, ou comme un présage du bon ou du mauvais succès de l’entreprise qu’on méditait, les premières paroles du livre de l’Ecriture, qu’on chantait dans le moment où celui qui se proposait d’interroger le ciel par cette manière, entrait dans une église.

Saint Augustin dans son épître à Januarius, ne paraît condamner cette pratique qu’au sujet des affaires mondaines ; cependant il aime encore mieux qu’on en fasse usage pour les choses de ce siècle, que de consulter les démons.

S. Grégoire évêque de Tours, nous a fait connaître d’une manière assez particulière les cérémonies religieuses, avec lesquelles on consultait les sorts des saints. Les exemples qu’il en donne, et le sien propre, justifient que cette pratique était fort commune de son temps, et qu’il ne la désapprouvait pas.

On en jugera par ce qu’il raconte de lui-même en ces termes : « Leudaste comte de Tours, qui cherchait à me perdre dans l’esprit de la reine Frédegonde, étant venu à Tours avec de mauvais desseins contre moi ; frappé du danger qui me menaçait, je me retirai fort triste dans mon oratoire ; j’y pris les psaumes de David, pour voir si à leur ouverture, je n’y trouverais rien d’où je pusse tirer quelque consolation, et j’en eus une très-grande de ce verset, que le hasard me présenta : Il les fit marcher avec espérance et sans crainte, pendant que la mer enveloppait leurs ennemis. En effet, ajoute-t-il, Leudaste n’osa rien entreprendre contre ma personne ; car ce comte étant parti de Tours le même jour, et la barque sur laquelle il était monté ayant fait naufrage, il aurait été noyé s’il n’avait pas su nager ».

Ce qu’il rapporte de Meroüée fils de Chilpéric, mérite de trouver place ici, parce qu’on y voit quelles étaient les pratiques de religion auxquelles on avait recours pour se rendre le ciel favorable, avant que de consulter les sorts des saints, & pour mieux s’assurer de la vérité de la réponse qu’on y cherchait.

« Méroüée, dit Grégoire de Tours, étant disgracié de Chilpéric son père, se réfugia dans la basilique de saint Martin ; et ne se fiant point à une pythonisse, qui lui avait prédit que le roi mourrait cette même année et qu’il lui succéderait, il mit séparément sur le tombeau du saint, les livres des psaumes, des rois, et des évangiles ; il veilla toute la nuit auprès du tombeau, et pria saint Martin de lui faire connaître ce qui devait lui arriver, et s’il régnerait ou non. Ce prince passa les trois jours suivants dans le jeûne, les veilles, et les prières ; puis s’étant approché du tombeau, il ouvrit d’abord le livre des rois ; et le premier verset portait ces mots : Comme vous avez abandonné le Seigneur votre Dieu, pour courir après des dieux étrangers, et que vous n’avez pas fait ce qui était agréable à ses yeux, il vous a livré entre les mains de vos ennemis. Les passages qui s’offrirent à lui dans le livre des psaumes, et dans celui des évangiles (passages qu’il serait inutile de rapporter), ne lui annonçant de même rien que de funeste, il resta long-temps aux pieds du tombeau fondant en larmes, et se retira en Austrasie, où il périt malheureusement, trois ans après par les artifices de la reine Frédegonde, sa belle mère ».

Dans cet exemple, on voit que c’est Méroüée qui sans recourir au ministère des clercs de saint Martin de Tours, pose lui-même les livres saints, et les ouvre. Dans celui que l’on va citer toujours d’après le même auteur, on fait intervenir les clercs de l’église, qui joignent leurs prières à celles du suppliant ; voici comme le même auteur expose ce fait.

« Chramne s’étant révolté contre Clotaire I. & se trouvant à Dijon, les clercs de l’église se mirent en prières pour demander à Dieu, si le jeune prince réussirait dans ses desseins, et s’il parviendrait un jour à la couronne. Ils consultèrent, comme dans le fait précédent, trois différents livres de l’Ecriture-sainte, avec cette différence, qu’à la place du livre des rois et des psaumes, ils joignirent ceux du prophète Isaïe, et les épîtres de saint Paul, au livre des Évangiles. A l’ouverture d’Isaïe, ils lurent ces mots : J’arracherai la haie de ma vigne, et elle sera exposée au pillage ; parce qu’au lieu de porter de bons raisins, elle en a produit de mauvais. Les passages des épîtres de saint Paul, et ceux de l’évangile qui se présentaient ensuite, ne parurent pas moins menaçants, et furent regardés comme une prédiction de la mort tragique de ce prince infortuné ».

Non-seulement on employait les sorts des saints pour se déterminer dans les occasions ordinaires de la vie, mais même dans les élections des évêques, lorsqu’il y avait partage. La vie de saint Aignan fait foi, que c’est de cette manière qu’il fut nommé évêque d’Orléans. Saint Euverte qui occupait le siège de cette ville sur la fin du iv. siècle, se trouvant accablé de vieillesse, et voulant le désigner pour son successeur, le clergé et le peuple s’opposèrent vivement à ce choix. Saint Euverte prit la parole, et leur dit : « Si vous voulez un évêque agréable à Dieu, sachez que vous devez mettre Aignan à ma place ». Mais pour leur faire connaître clairement que telle était la volonté du Seigneur, après que ce prélat eut indiqué, selon la coutume un jeûne de trois jours, il fit mettre d’un côté sur l’autel des billets (brevia), et de l’autre, les psaumes, les épîtres de saint Paul, et les évangiles. Ce que l’historien qu’on vient de citer, appelle ici brevia, étaient comme je l’ai traduit, des billets sur chacun desquels on écrivait le nom d’un des candidats.

Saint Euverte fit ensuite amener un enfant qui n’avait point encore l’usage de la parole, & lui commanda de prendre au hasard un de ces billets ; l’enfant ayant obéi, il tira celui qui portait le nom de saint Aignan, & se mit à lire à haute voix : Aignan est le pontife que Dieu vous a choisi. Mais saint Euverte, continue l’historien, pour satisfaire tout le monde, voulut encore interroger les livres saints ; le premier verset qui se présenta dans les psaumes, fut : Heureux celui que vous avez choisi, il demeurera dans votre temple. On trouva dans saint Paul ces mots : Personne ne peut mettre un autre fondement que celui qui a été posé ; & enfin dans l’évangile ces paroles : C’est sur cette pierre que je bâtirai mon église. Ces témoignages parurent si décisifs en faveur de saint Aignan, qu’ils réunirent pour lui tous les suffrages, & qu’il fut placé aux acclamations de tout le peuple sur le siége d’Orléans.

Les Grecs aussi-bien que les Latins, consultaient les sorts des saints dans les conjonctures critiques ; Cedrenus rapporte, comme nous l’avons dit en parlant des sorts en général, que l’empereur Héraclius après avoir eu de grands avantages sur Cosroez roi des Perses, se trouvant incertain sur le lieu où il prendrait ses quartiers d’hiver, purifia son armée pendant trois jours ; ce sont les termes de l’historien ; qu’ensuite il ouvrit les évangiles, & qu’il trouva qu’ils lui ordonnaient d’aller hiverner en Albanie.

Depuis le huitième siècle, les exemples de cette pratique deviennent un peu plus rares ; cependant il est certain que cet usage subsista jusque dans le quatorzième siècle, avec cette seule différence, qu’on ne se préparait plus à cette consultation par des jeûnes & des prières, et qu’on n’y joignait plus cet appareil religieux, que jusqu’alors on avait cru nécessaire pour engager le ciel à manifester ainsi ses volontés.

L’église tant grecque que latine, conserva sans cesse quelques traces de cet usage. La coutume était encore dans le xv. & xvi. siècle quand un évêque était élu, que dans la cérémonie de son sacre, immédiatement après qu’on lui avait mis sur la tête le livre des évangiles, on l’ouvrait au hasard, & le premier verset qui se présentait, était regardé comme un pronostic de ce qu’on avait à espérer ou à craindre de son caractère, de ses mœurs, de sa conduite, & du bonheur ou du malheur qui lui était réservé durant le cours de son épiscopat ; les exemples en sont fréquents dans l’histoire ecclésiastique.

Si l’on en croit un de ses écrivains qui a fait la vie des évêques de Liége, la mort funeste d’Albert évêque de cette ville, lui fut annoncée par ces paroles, que l’archevêque qui le sacrait trouva à l’ouverture du livre des évangiles : Il envoya un de ses gardes avec ordre de lui apporter la tête de Jean ; & ce garde étant entré dans la prison, lui coupa la tête. L’historien ajoute, que ce prélat en fut si frappé, qu’il adressa la parole au nouvel évêque, et lui dit en le regardant avec des yeux baignés de larmes : Mon fils, en vous donnant au service de Dieu, conduisez-vous avec crainte & avec justice, & préparez votre âme à la tentation ; car vous serez un jour martyr. Il fut en effet assassiné par des émissaires de l’empereur Henri VI. et l’Eglise l’honore comme martyr.

On ajoutait tant de foi à ces sortes de pronostics ; ils formaient un préjugé si favorable ou si désavantageux aux évêques, qu’on les alléguait dans les occasions les plus importantes, et même dans celles où il était question de prononcer sur la canonicité de leur élection.

La même chose se pratiquait à l’installation des abbés, et même à la réception des chanoines ; cette coutume subsiste encore aujourd’hui dans la cathédrale de Boulogne, dont le diocèse aussi-bien que ceux d’Ypres & de Saint-Omer, a été formé des débris de cette ancienne église, après que la ville de Térouanne eut été détruite par Charles-Quint. Toute la différence qui s’y trouve présentement, c’est qu’à Boulogne, le nouveau chanoine tire les sorts dans le livre des psaumes, et non dans celui des évangiles. Feu M. de Langle évêque de Boulogne, peu d’années avant sa mort qui arriva en 1722, rendit une ordonnance qui tendait à abroger cet usage ; il craignait avec raison qu’il n’eût quelque chose de superstitieux. Il avait d’ailleurs remarqué, qu’il arrivait quelquefois que le verset du psaume que le hasard offrait au nouveau chanoine, contenait des imprécations, des reproches, ou des traits odieux, qui devenaient pour lui une espèce de note de ridicule, ou même d’infamie. Mais le chapitre qui se prétend exempt de la juridiction épiscopale, n’eut point égard à cette ordonnance ; et comme suivant la coutume, on insérait dans les lettres de prise de possession de chaque chanoine le verset du psaume qui lui était tombé à sa réception, le chapitre résolut seulement, qu’à l’avenir on ajouterait à ces lettres, qu’on ne faisait en cela que suivre l’ancienne coutume de l’église de Térouanne.

Quant à la seconde manière de consulter les sorts des saints, elle était comme on l’a dit, beaucoup plus simple, et également connue dans les deux églises grecque et latine. Cette manière consistait à regarder comme un bon ou un mauvais augure, ou comme une déclaration de la volonté du ciel, les premières paroles de la sainte Ecriture, qu’on chantait à l’église dans le moment qu’on y entrait à cette intention : les exemples en sont très-nombreux.

Saint Cyprien était si persuadé que Dieu manifestait quelquefois ses volontés par cette voie, qu’il y avait souvent recours ; c’était pour ce père de l’Eglise un heureux présage lorsqu’il trouvait que les premières paroles qu’il entendait en mettant le pied dans l’église, avoient quelque relation avec les choses qui l’occupaient.

https://archive.org/details/EST99RES_P35

Il faut cependant convenir que dans le temps où cet usage de consulter les sorts à venir par l’Ecriture, était le plus en vogue, et souvent même accompagné d’un grave appareil d’actes de religion ; on trouve différents conciles qui condamnent en particulier les sorts des saints, et en général toute divination faite par l’inspection des livres sacrés. Le concile de Vannes, par exemple, tenu sous Léon I. dans le v. siècle ; le concile d’Agde assemblé l’an 506 ; les conciles d’Orléans et d’Auxerre, l’un de l’an 511, et l’autre de l’an 595, proscrivent les sorts des saints ; et l’on trouve un capitulaire de Charlemagne publié en l’an 789, qui contient aussi la même défense. Mais les termes dans lesquels ces défenses sont conçues, donnent lieu de croire, que la superstition avait mêlé une infinité de pratiques magiques dans les sorts des saints, et qu’il ne faut peut-être pas confondre la manière de les consulter condamnée par ces canons, avec celle qui était souvent employée dans les premiers siècles de l’Eglise par des personnes éminentes en piété.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que quelques théologiens conviennent en général qu’on ne peut pas excuser les sorts des saints de superstition ; que c’était tenter Dieu que de l’interroger ainsi ; que les Écritures ne contiennent rien dont on puisse conclure, que Dieu ait pris là-dessus aucun engagement avec les hommes, et que cette coutume bien loin d’être autorisée par aucune loi ecclésiastique, a été abrogée dans les temps éclairés ; cependant ces mêmes théologiens oubliant ensuite la solidité des principes qu’ils venaient d’établir, se sont persuadés que dans certaines occasions, plusieurs de ceux qui ont consulté les sorts des saints, y ont été portés par une secrète inspiration du ciel. (D. J.)

il faut pouvoir dire :”nous nous sommes trompés”

Article en re-post de l’article du nouvel obs, sans pub.

TRIBUNE. Confinement : « Il faut savoir dire : “Nous nous sommes trompés !” »
Pour André Choulika, confondateur et PDG de la société de biotechnologie Cellectis, les autorités surjouent le confinement et entretiennent la peur, dans une stratégie de fuite en avant aux conséquences incalculables.
Par André Choulika (PDG de Cellectis)

Arrive un moment où il faut savoir dire : « Nous nous sommes trompés ». Ce moment, nous y sommes ! A l’instar de sismologues guettant « The Big One », le grand tremblement de terre qui emportera un jour ou l’autre la Californie, les épidémiologistes ont toujours été à l’affût de la peste bubonique (1347-1351, environ 200 millions de morts) ou de la nouvelle grippe espagnole (1918-1919, 40-50 millions de morts) qui faucherait une bonne partie de l’humanité.

En 1918, la pandémie de grippe espagnole causait des millions de morts
Le Covid-19 a présenté, dès son apparition médiatique, tous les signaux pandémiques de ce « The Big One », à la fois attendu et redouté. Des conseils scientifiques ont été constitués, médecins et chercheurs ont été interrogés. Deux choses certaines dans ce monde d’incertitudes : ce Sars-CoV-2 (un nom à la « Star Wars ») tue, et plutôt méchamment, et nous n’avons pas de vaccin contre cette saloperie.

Quand je posais des questions à mes amis virologues, épidémiologistes, médecins, me revenaient de leur part plus d’interrogations que de réponses. Ils transpiraient la peur, l’angoisse : nous y étions. Il y avait en eux cette excitation et ce soulagement du commandant du fort dans « le Désert des Tartares », qui après avoir attendu l’attaque, voit enfin les ennemis apparaître sur la crête… tellement nombreux qu’on ne peut qu’imaginer la suite. La bataille allait être gigantesque, le massacre terrible.

Protéger, coûte que coûte

Et enfin, la déferlante est arrivée. Dans les hôpitaux, les urgences ont commencé à être saturées, on a appris le décès d’amis d’amis. Des vieux, les plus fragiles et principales victimes, mais aussi des jeunes, morts dans la fleur de l’âge. La grande faucheuse commençait sa moisson.

Bardé de son conseil de guerre composé de médecins et de scientifiques, le gouvernement prit les mesures à la hauteur de la menace : protéger coûte que coûte la population de l’attaque du virus. Les rideaux des magasins ont été baissés, les restaurants fermés, les événements annulés, la vie mise sous cloche, contrôlée par des barrages de police, les sorties proscrites sauf pour assurer sa survie. Le confinement est en place, implacable. Nous retenons notre souffle, pétris de peur, de la peur de l’autre, du pestiféré (ce terme prend tout son sens dans ces circonstances).

Puis on attend… Bon, cela ne sera pas mars avec une mortalité inférieure à 2018, l’exemple n’est pas bon. Attention, ça va être en avril. Avril va être terrible. Pâques est passé, il y a eu des tragédies et des morts terribles, injustes. Mais les chiffres d’un « Big One » ne sont pas vraiment là. Alors, maintenant, c’est le contrecoup qu’il faut craindre : le retour de manivelle du déconfinement qui sera terrible, ce n’est plus avril ou mai, mais une deuxième vague en octobre ou novembre.

Le règne du n’importe quoi

A un moment, il faut savoir reconnaître : « Désolé les gars, nous nous sommes plantés. Fausse alerte, ce n’était pas la bonne… » Mais dans notre monde d’aujourd’hui, sous les projecteurs médiatiques qui jamais ne s’éteignent, cela devient politiquement impossible. Ce serait un suicide politique. Comme nous sommes dans l’inédit, la stratégie de la fuite en avant reste le réflexe politique de base.

La mort est toujours injuste. Brutale, comme un accident de la route, ou longue et pénible, comme un cancer. La mort nous révolte et nous fait peur. La révolte et la peur sont deux carburants puissants des médias et de la politique. Ce sont deux drogues dures, qui rendent accros avant même que nous nous en rendions compte.

La tempête mediatico-politique est partie de Chine en février 2020, on ne sait pas trop comment. Pourtant, les origines des premiers cas de Covid-19 semblent remonter à octobre 2019 : l’incendie a mis du temps à prendre. Et là, nous voici tous confinés à l’échelle planétaire. Personne ne veut assumer, alors on pose la question aux sachants. La réponse est digne des médecins de Molière : « Il faut confiner plus ! » Il faut des masques, du gel, des gants ! On obéit.

Mais qui commande ? Les médecins ? On ne sait plus. Il faut aplanir la courbe pour ne pas saturer les services de réanimation ! Très bien… Mais de combien de vies sauvées parle-t-on ? A quel prix ? Coûte que coûte ! Les conséquences dévastatrices de ces mesures sont aussi incalculables que le nombre de vies sauvées. Désormais, c’est le règne du n’importe quoi : de la moindre petite PME de détecteurs d’incendies infrarouges qui veut les convertir en détecteur de température chez l’homme au projet de tracking des gens par smartphone… Mais où va-t-on ? « 1984 » ? « Brazil » ?

Le confinement n’arrête pas un virus

S’il y a une chose que j’ai apprise durant mes études de virologie, c’est qu’on n’arrête pas un virus, et certainement pas une épidémie par le confinement. On la ralentit, mais le virus trouvera toujours le moyen de passer. Est-ce que les gens ont bien conscience que, sans avoir près de 70 % de la population infectée, le coronavirus ne s’arrêtera pas ? Leurs masques, leurs gel hydro-alcooliques, leurs gants, etc., cela ne sert qu’à retarder la fatidique échéance… A la fin, ils finiront par rencontrer le virus avec une certitude de 7 chances sur 10. Tous ne seront pas malades, mais tous seront atteints !

Les maladies infectieuses tuent environ 17 millions de personnes tous les ans, est-ce que cela va être désormais à chaque fois le même bazar ? Comment arrête-t-on ça sans dire : « Désolé ! On vous dira quand ce sera la bonne mais là, on s’est gouré » (la vérité, quoi !) Non, l’admettre signerait leur mort politique. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On augmente la peur, on fait porter des masques, on dit que le contrecoup va être terrible, qu’il va tuer encore plus de monde. Mais combien de fois plus terrible ? Le double ? 200 000 personnes de plus dans le monde ? Personne ne sait : ni les médecins, ni les scientifiques et certainement pas nos dirigeants.

Nous sommes en train de vivre la fin d’un monde. Nous regardons cet effondrement hallucinés, remplis de peur, révoltés. Il est plus que temps de prendre notre courage à deux mains – le courage, cet antidote contre la peur – et de voir la situation d’un œil neuf et positif. Il faut redessiner un avenir dans lequel nous aurions envie de nous inscrire. Vivre en bonne santé certes, mais avoir la santé n’est rien… si elle n’est pas accompagnée de sens à la vie et de bonheur.

André Choulika (PDG de Cellectis)

Chers fonctionnaires de l’Éducation Nationale (et du privé conventionné)

Savez-vous pourquoi vous exister ? Quelle est votre fonction ?

Je ne vous demande à votre niveau individuel, ça vous le savez. Quelle est la fonction de l’éducation nationale ?

J’ai toujours cru que vous étiez là pour me transmettre les savoirs nécessaires à mon épanouissement, à mon émancipation. C’est vrai, en partie (petite). L’éducation que vous m’avez appliquée a consisté à me faire rentrer dans un moule, dont la taille et forme changeait en fonction des années et des réformes ministérielles.

Vous êtes des ouvriers, tourneurs-fraiseurs de l’esprit et du corps des enfants.

Vous vous saisissez, de manière obligatoire, de la matière première enfantine, et vous allez la transformer pour qu’elle prenne la forme que l’État entend que vous lui donniez.

A chaque étape de transformation du produit humain, un contrôle de conformité est entrepris, les enfants sont classés, hiérarchisés en fonction du degré de conformisme.

Tant de % pour renouveler l’appareil d’État (fonctionnaires, journalistes, avocats, médecins,…) tant de % pour servir les plus riches (gestionnaires de patrimoine, administrateurs, contrôleur de gestion, comptables,… ), le reste, les non conformes sont orientés vers l’industrie, le monde agricole ou le commerce.

Ce sont les mêmes étapes que sur une chaîne de production de canettes.

Si un enfant atteste de sa conformité, il passe sur la chaîne suivante de façonnage. Si son degré de conformité est inférieur à la moyenne, il est soit recyclé (redoublement), soit orienté vers des éducations plus brutes (éducations professionnelles, militaires ou agricoles).

Les produits les plus conformes passent à l’étape suivante.

Deux grandes étapes de contrôle de conformité sont la fin du collège et le baccalauréat.

Grace à ces deux contrôles, vous arrivez à discriminer les individus les plus conformes, ceux à qui des champs de savoirs sont réservés.

Chers professeurs, vous avez certainement attesté de votre conformité et n’avez pas eu la chance de découvrir le “régal” des voies de garages, réservées aux non conformes, aux “cas sociaux”.

Évidemment, les plus conformes des conformes, atteignent les grandes écoles et deviennent ceux qui déterminent les critères de conformité à atteindre, et quels savoirs doivent être accessibles et à qui.

Lacunes éducatives

L’art oratoire

Pourquoi l’école ne m’a pas appris à parler ?

Voilà la question qui m’a fait rédiger cet article. Pourquoi a-t-il fallu que j’arrive à l’université pour apprendre à parler, pour découvrir des stratégies communicationnelles ?

J’ai bien appris à écrire et réciter à l’école primaire et au collège, mais pas à parler.

Je me suis souvenu qu’en classe d’italien (LV2) en quatrième au collège, alors que j’étais assis à côté de la belle Laetitia, je ne disposais pas des moyens pour lui exprimer mes sentiments ? J’aurais bien voulu lui expliquer ce que je ressentais, mais je ne disposais ni des mots, ni de la manière. Laetitia n’est plus qu’un souvenir, un regret aujourd’hui.

Est-ce que l’art de parler est volontairement soustrait de l’éducation appliquée aux enfants ? Pourquoi est-il réservé aux Universitaires ou aux Grands Écoliers ?

La science familiale

La femme que j’aime est éducatrice AEMO, elle dispose du savoir familial, qu’elle transmet uniquement après qu’un traumatisme ait été subit par un enfant, qu’un juge ait “jugé” la famille coupable, appliqué une dose de morale et d’humiliation, avant de décider de donner accès au savoir familial dont tous manquaient.

Pourquoi l’éducation nationale n’enseigne pas les sciences familiales ? Si c’est l’émancipation des individus que l’école recherche, alors il faut former les enfants à ce qui est le plus probable qu’ils deviennent : des amoureux, et des parents.

Rien ! un peu de biologie, de la morale et de la politique, mais pas une miette d’information sur ce que sera réellement leur vie d’adulte.

Les enfants sont vierges de tout enseignement sur la partie familiale de leur vie. Alors c’est trés bien pour les enfants qui vivent dans une famille où ils disposent d’un exemple viable à reproduire, mais pour les autres ?

Pour les plus fragiles qui vivent dans des familles qui elles mêmes n’y ont pas été éduquées, pourquoi eux ne sont pas instruit en la matière ? et tous les autres qui croient que leur modèle familial est viables et qui se trompent?

La science sociale

Notre République est bâtie sur le principe de l’égalité du genre humain. Pourquoi l’école qui dispose des outils, des savoirs pour former les esprits, contrôler la conformité des produits, n’inclut pas la tolérance à la diversité dans ses programmes éducatifs?

Pourquoi, si les scores des partis politiques racistes, arriérés inquiètent tant les média, n’y a-t-il pas des cours de découverte de l’autre ? Combiné à l’art oratoire, les enfants seraient même capables de parler à des gens qui ne leur ressemble pas, qui viennent d’ailleurs.

La science sociale pourrait être enseignée au même titre que ces conneries d’équations du second degré.

C’est bien plus essentiel de savoir parler à sa sœur humaine que de pouvoir résoudre : 2y+4x = la tête à toto

La science médicale

S’il y a un savoir nécessaire à tous les êtres humains, c’est bien celui de prendre soin de lui-même.

Une vague leçon de biologie en quatrième, c’est tout ce dont je me souviens. Ha oui, et des campagnes anti-sexualité au motif du sida.

Je me souviens des visites médicales scolaires, pour que l’état puisse constater les effets dévastateurs de la nourriture industrielle sur ceux qui n’avaient pas de parent doté d’une instruction culinaire pour rattraper le coup, et établir l’autorité médicale qui fait patienter.

Même lorsque je suis entré à la faculté des sciences et techniques, le savoir médical ne m’a pas été accessible. J’ai étudié pourtant la biologie, la chimie et chimie orga. Rien sur la médecine.

Je n’étais pas assez conforme je pense.

La science légale

Alors que la vie humaine actuelle est un monde de droits, aucun enseignement n’est fourni en matière légale avant l’université.

Alors que connaitre le droit, les raisons d’existence des interdictions et des obligations sont essentiels à un individu pour qu’il comprenne les règles de la société dans laquelle il va vivre, rien ne lui est enseigné. Enfin, pas s’il a un défaut de conformité et qu’il est orienté vers des voies de garage.

Pour les conformes, évidemment, et qui accèdent à l’enseignement supérieur, le savoir leur sera dispensé, un peu, un minimum.

Omerta politique et syndicale

A 42 ans, dont près de 20 années à lire des programmes politiques et syndicaux, je n’ai jamais lu une ligne revendiquant l’enseignement de ces savoirs.

Les syndicats de profs ne parlent jamais de ça. Les partis politiques, même progressistes, ne parlent pas de ça.

Pourquoi les enfants “non conformes” sont privés de ces savoirs? Pourquoi les syndicats et partis politiques, qui disent se préoccuper des enfants, ne revendiquent pas que ces savoirs soient enseignés ?

Sur internet cette question ne trouve pas de réponse. J’ai donc essayé d’y répondre moi-même.

Les champs Elysées ?

J’ai cherché des raisons tangibles qui m’expliqueraient pourquoi on ne me les a pas enseignés et pourquoi les gens qui font tant de raffut à propos de la “qualité de l’enseignement” ne demandent jamais cela? Je n’en ai pas trouvé.

J’ai trouvé par contre une raison intangible, c’est à dire économique, financière.

Chaque savoir qui n’est pas enseigné génère une rente à une catégorie sociale qui ne peut exister que si l’on prive les enfants de ces savoirs.

La justice familiale et les associations sociales

Si tous les enfants accédant au collège (98% je crois) recevaient un enseignement sur la science familiale, de tenir une maison, de faire à manger, sur l’art de parler à son amoureux, de lui exprimer ses sentiments, ses émotions, ses inconforts, alors les tribunaux familiaux seraient vides ou presque. Les politiques qui reprochent la mauvaise éducation des parents et des enfants n’auraient plus le plaisir de le faire.

Comment peut-on reprocher à un enfant d’être mal éduqué, s’il ne l’a tout simplement pas été?

Les juges aux affaires familiales vivent du non-enseignement des sciences sociales, familiales et oratoire. C’est leur gagne pain. Ils en vivent.

Depuis 1945, des associations familiales, politiques ou religieuse font également leur beurre sur cette lacune éducative. Elle refusent d’imaginer pouvoir intervenir en amont du problème. Leur pouvoir serait moins important si le traumatisme d’un enfant n’avait pas lieu.

Du sang et des larmes, voilà ce qu’il faut pour que l’État se décide à transmettre le savoir.

J’allais oublier les ministres et les hommes politiques, tous partis confondu. Tous, le doigt pointé vers l’enfant ou le jeune, ou la mère seule, ou le père absent et à leur reprocher leur “manque d’éducation”.
La nation paie cher financièrement et socialement pour cette éducation que les politiques programment pour être lacunaire.

La rente médicale

Pourquoi l’éducation nationale prive les futurs citoyens des savoirs nécessaires à prendre soin d’eux?

La seule réponse qui, selon moi, pourrait l’expliquer est qu’un groupe de gens aient un intérêt à ce manque.

Effectivement, des catégories sociales vivent grassement de ces lacunes éducatives.

La peur de la mort, de la maladie, et la privation des savoirs qui permettraient aux individus de s’en détacher constituent les éléments essentiels de la rente médicale.

La rente légale

Un individu qui ne connait pas ses droits, qui ne comprend pas les lois et règlements auquel il doit se conformer pour vivre en société, va inévitablement, dans sa vie d’adulte, devoir faire appel à un homme de loi. Ce dernier va lui faire payer cher cette absence de savoir.

Quand cette lacune éducative se conjugue avec un travail législatif permanent dont l’objet est de complexifier le droit, alors le citoyens lambda est prisonnier de cette rente obligatoire.

Front de libération de l’éducation nationale (FLeN)

Chers professeurs et fonctionnaire de l’EN. En oubliant la raison d’être de votre Corps, en vouant un culte à la classe politique, en vous liant à elle et en vous rendant dépendant d’elle, vous vous avez oublié les attentes et besoins de la population.

Vous êtes enchaînés aux maîtres de vos écoles qui vous disent quoi enseigner à qui : les partis politiques.

Aujourd’hui vos maîtres commencent à comprendre que pour remplir vos fonctions les outils informatiques sont moins chers et plus efficaces que vous. Ils veulent désormais vous remplacer.

Si vous pensez qu’en remettant une balle dans ce flipper politique déglingué vous pourrez conserver vos emplois, c’est une erreur.

La classe politique aujourd’hui est à la main des financiers, des riches, des personnes âgées riches. Ils n’ont que faire de vous ou des enfants.

Vous avez la possibilité, puisque vous avez un savoir qui vous a été transmis, de réfléchir, d’analyser les forces en présence et de déterminer la stratégie qui vous permettrait de vous libérer de cette emprise politique : la nation.

Avez vous jamais demandé aux parents ce qu’ils attendaient de vous? avez vous jamais demandé aux enfants ce qu’ils attendait de vous ?

Je ne parle pas de ces simagrées consultations participatives où l’ordre du jour et les budget est fixé par le ministère.

Je parle d’une implication réelle des parents et des enfants dans la construction des programmes qui leurs sont appliqués. “Que périssent les profs d’italien pour le principe démocratique” aurait dit Robespierre, s’il était là aujourd’hui.

Réforme agraire

La Révolution démocratique en devenir va, comme toute les révolutions se le doivent, mener une réforme agraire.

L’éducation nationale doit elle appliquer les programmes construit par les ministres qui se succèdent à sa tête ? Pourquoi la volonté d’individus dominants (ministres/hauts fonctionnaires) doit prévaloir sur les attentes des parents et des enfants qui paient (cher) pour que leur enfants puissent avoir une meilleure vie qu’eux même ?

Comment les parents peuvent s’approprier l’outil éducationnel pour répondre à leur besoins réels?

Les syndicats, qui aujourd’hui ne sont plus qu’un rouage administratif de l’appareil d’État, sont-ils qualifiés et volontaire pour imaginer une éducation véritablement nationale ? au service de la nation et des individus qui la composent?

Sont-ils obligé de ne jouer qu’un rôle de comité de soutien et de souvenirs aux nouveaux moines copistes ? Comment les professeurs pourraient continuer d’exister dans une éducation nationale démocratisée?

Ces syndicats peuvent-ils se concentrer sur ce dont les gens ont besoin : savoir se parler, s’aimer, vivre ensemble, se soigner et se défendre légalement ? S’il reste du temps, on s’occupera des autres savoirs non essentiels.

Les clôtures des champs Elysées, des champs de savoirs exclus du commun, doivent être abattues et leur savoirs répandus.

Il n’est pas question de se passer des médecins, ni des avocats, encore moins des juges, mais ces professions doivent comprendre qu’ils doivent se réinventer. Ces professions disposent de l’appareil intellectuel pour s’imaginer dans un monde où ils ne vivraient plus de l’inégalité des savoirs mais de leur partage.

Enfin, les politiciens vont devoir comprendre qu’ils ne peuvent plus reprocher le manque d’éducation des enfants dont ils ont la charge de l’éducation. Ils prélèvent, de manière obligatoire, une partie de la richesse produite par les parents justement pour les éduquer correctement, et ils organisent les lacunes éducatives.

Cela doit cesser !

Discover Hopenmoney vs Blockchain

Hopenmoney is a digital asset used as a medium of exchange of goods and services which reward users 10 hollar an hour for believing in Mankind. Individual digital token coin records are stored in a computerized database using Covbo technology. It provides a secure tansaction record.

Hopenmoney is developped on Oxwal an open source technology. Its module is meant to be support by the Athomix model.

Each Hopenmoney works through distributed ledger technology, typically a covbo, that serves as a public financial transaction database.

Hopenmoney have a time limit to forbid vast accumulation and force money to circulate.

Hopenmoney and cryptocurrencies

Hopenmoney is engaged in a lexical conflict with cryptocurrencies. Digital age calls for transparency and freedom. Who the heck decided to name this tool as crypto (hidden) ?

What motivated ingeneer to name distributed ledger technology, : Blockchain. Block and chain, to enslave who?

There is definitely something wrong with this branding.

Hopenmoney is based on the same protocol, it chooses just to use more inspirational words to name what is suppoed to be a mean of freedom, not enslavement.

Prop

https://jantuckerr.wordpress.com/2020/05/04/original-blockchain-bitcoin-different-paths-to-decentralization/

https://aliciabuncle.wordpress.com/2020/05/04/continuing-the-conversation-resilience-and-continuity-in-business-operations-and-supply-chain/