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Chers fonctionnaires de l’Éducation Nationale (et du privé conventionné)

Savez-vous pourquoi vous exister ? Quelle est votre fonction ?

Je ne vous demande à votre niveau individuel, ça vous le savez. Quelle est la fonction de l’éducation nationale ?

J’ai toujours cru que vous étiez là pour me transmettre les savoirs nécessaires à mon épanouissement, à mon émancipation. C’est vrai, en partie (petite). L’éducation que vous m’avez appliquée a consisté à me faire rentrer dans un moule, dont la taille et forme changeait en fonction des années et des réformes ministérielles.

Vous êtes des ouvriers, tourneurs-fraiseurs de l’esprit et du corps des enfants.

Vous vous saisissez, de manière obligatoire, de la matière première enfantine, et vous allez la transformer pour qu’elle prenne la forme que l’État entend que vous lui donniez.

A chaque étape de transformation du produit humain, un contrôle de conformité est entrepris, les enfants sont classés, hiérarchisés en fonction du degré de conformisme.

Tant de % pour renouveler l’appareil d’État (fonctionnaires, journalistes, avocats, médecins,…) tant de % pour servir les plus riches (gestionnaires de patrimoine, administrateurs, contrôleur de gestion, comptables,… ), le reste, les non conformes sont orientés vers l’industrie, le monde agricole ou le commerce.

Ce sont les mêmes étapes que sur une chaîne de production de canettes.

Si un enfant atteste de sa conformité, il passe sur la chaîne suivante de façonnage. Si son degré de conformité est inférieur à la moyenne, il est soit recyclé (redoublement), soit orienté vers des éducations plus brutes (éducations professionnelles, militaires ou agricoles).

Les produits les plus conformes passent à l’étape suivante.

Deux grandes étapes de contrôle de conformité sont la fin du collège et le baccalauréat.

Grace à ces deux contrôles, vous arrivez à discriminer les individus les plus conformes, ceux à qui des champs de savoirs sont réservés.

Chers professeurs, vous avez certainement attesté de votre conformité et n’avez pas eu la chance de découvrir le “régal” des voies de garages, réservées aux non conformes, aux “cas sociaux”.

Évidemment, les plus conformes des conformes, atteignent les grandes écoles et deviennent ceux qui déterminent les critères de conformité à atteindre, et quels savoirs doivent être accessibles et à qui.

Lacunes éducatives

L’art oratoire

Pourquoi l’école ne m’a pas appris à parler ?

Voilà la question qui m’a fait rédiger cet article. Pourquoi a-t-il fallu que j’arrive à l’université pour apprendre à parler, pour découvrir des stratégies communicationnelles ?

J’ai bien appris à écrire et réciter à l’école primaire et au collège, mais pas à parler.

Je me suis souvenu qu’en classe d’italien (LV2) en quatrième au collège, alors que j’étais assis à côté de la belle Laetitia, je ne disposais pas des moyens pour lui exprimer mes sentiments ? J’aurais bien voulu lui expliquer ce que je ressentais, mais je ne disposais ni des mots, ni de la manière. Laetitia n’est plus qu’un souvenir, un regret aujourd’hui.

Est-ce que l’art de parler est volontairement soustrait de l’éducation appliquée aux enfants ? Pourquoi est-il réservé aux Universitaires ou aux Grands Écoliers ?

La science familiale

La femme que j’aime est éducatrice AEMO, elle dispose du savoir familial, qu’elle transmet uniquement après qu’un traumatisme ait été subit par un enfant, qu’un juge ait “jugé” la famille coupable, appliqué une dose de morale et d’humiliation, avant de décider de donner accès au savoir familial dont tous manquaient.

Pourquoi l’éducation nationale n’enseigne pas les sciences familiales ? Si c’est l’émancipation des individus que l’école recherche, alors il faut former les enfants à ce qui est le plus probable qu’ils deviennent : des amoureux, et des parents.

Rien ! un peu de biologie, de la morale et de la politique, mais pas une miette d’information sur ce que sera réellement leur vie d’adulte.

Les enfants sont vierges de tout enseignement sur la partie familiale de leur vie. Alors c’est trés bien pour les enfants qui vivent dans une famille où ils disposent d’un exemple viable à reproduire, mais pour les autres ?

Pour les plus fragiles qui vivent dans des familles qui elles mêmes n’y ont pas été éduquées, pourquoi eux ne sont pas instruit en la matière ? et tous les autres qui croient que leur modèle familial est viables et qui se trompent?

La science sociale

Notre République est bâtie sur le principe de l’égalité du genre humain. Pourquoi l’école qui dispose des outils, des savoirs pour former les esprits, contrôler la conformité des produits, n’inclut pas la tolérance à la diversité dans ses programmes éducatifs?

Pourquoi, si les scores des partis politiques racistes, arriérés inquiètent tant les média, n’y a-t-il pas des cours de découverte de l’autre ? Combiné à l’art oratoire, les enfants seraient même capables de parler à des gens qui ne leur ressemble pas, qui viennent d’ailleurs.

La science sociale pourrait être enseignée au même titre que ces conneries d’équations du second degré.

C’est bien plus essentiel de savoir parler à sa sœur humaine que de pouvoir résoudre : 2y+4x = la tête à toto

La science médicale

S’il y a un savoir nécessaire à tous les êtres humains, c’est bien celui de prendre soin de lui-même.

Une vague leçon de biologie en quatrième, c’est tout ce dont je me souviens. Ha oui, et des campagnes anti-sexualité au motif du sida.

Je me souviens des visites médicales scolaires, pour que l’état puisse constater les effets dévastateurs de la nourriture industrielle sur ceux qui n’avaient pas de parent doté d’une instruction culinaire pour rattraper le coup, et établir l’autorité médicale qui fait patienter.

Même lorsque je suis entré à la faculté des sciences et techniques, le savoir médical ne m’a pas été accessible. J’ai étudié pourtant la biologie, la chimie et chimie orga. Rien sur la médecine.

Je n’étais pas assez conforme je pense.

La science légale

Alors que la vie humaine actuelle est un monde de droits, aucun enseignement n’est fourni en matière légale avant l’université.

Alors que connaitre le droit, les raisons d’existence des interdictions et des obligations sont essentiels à un individu pour qu’il comprenne les règles de la société dans laquelle il va vivre, rien ne lui est enseigné. Enfin, pas s’il a un défaut de conformité et qu’il est orienté vers des voies de garage.

Pour les conformes, évidemment, et qui accèdent à l’enseignement supérieur, le savoir leur sera dispensé, un peu, un minimum.

Omerta politique et syndicale

A 42 ans, dont près de 20 années à lire des programmes politiques et syndicaux, je n’ai jamais lu une ligne revendiquant l’enseignement de ces savoirs.

Les syndicats de profs ne parlent jamais de ça. Les partis politiques, même progressistes, ne parlent pas de ça.

Pourquoi les enfants “non conformes” sont privés de ces savoirs? Pourquoi les syndicats et partis politiques, qui disent se préoccuper des enfants, ne revendiquent pas que ces savoirs soient enseignés ?

Sur internet cette question ne trouve pas de réponse. J’ai donc essayé d’y répondre moi-même.

Les champs Elysées ?

J’ai cherché des raisons tangibles qui m’expliqueraient pourquoi on ne me les a pas enseignés et pourquoi les gens qui font tant de raffut à propos de la “qualité de l’enseignement” ne demandent jamais cela? Je n’en ai pas trouvé.

J’ai trouvé par contre une raison intangible, c’est à dire économique, financière.

Chaque savoir qui n’est pas enseigné génère une rente à une catégorie sociale qui ne peut exister que si l’on prive les enfants de ces savoirs.

La justice familiale et les associations sociales

Si tous les enfants accédant au collège (98% je crois) recevaient un enseignement sur la science familiale, de tenir une maison, de faire à manger, sur l’art de parler à son amoureux, de lui exprimer ses sentiments, ses émotions, ses inconforts, alors les tribunaux familiaux seraient vides ou presque. Les politiques qui reprochent la mauvaise éducation des parents et des enfants n’auraient plus le plaisir de le faire.

Comment peut-on reprocher à un enfant d’être mal éduqué, s’il ne l’a tout simplement pas été?

Les juges aux affaires familiales vivent du non-enseignement des sciences sociales, familiales et oratoire. C’est leur gagne pain. Ils en vivent.

Depuis 1945, des associations familiales, politiques ou religieuse font également leur beurre sur cette lacune éducative. Elle refusent d’imaginer pouvoir intervenir en amont du problème. Leur pouvoir serait moins important si le traumatisme d’un enfant n’avait pas lieu.

Du sang et des larmes, voilà ce qu’il faut pour que l’État se décide à transmettre le savoir.

J’allais oublier les ministres et les hommes politiques, tous partis confondu. Tous, le doigt pointé vers l’enfant ou le jeune, ou la mère seule, ou le père absent et à leur reprocher leur “manque d’éducation”.
La nation paie cher financièrement et socialement pour cette éducation que les politiques programment pour être lacunaire.

La rente médicale

Pourquoi l’éducation nationale prive les futurs citoyens des savoirs nécessaires à prendre soin d’eux?

La seule réponse qui, selon moi, pourrait l’expliquer est qu’un groupe de gens aient un intérêt à ce manque.

Effectivement, des catégories sociales vivent grassement de ces lacunes éducatives.

La peur de la mort, de la maladie, et la privation des savoirs qui permettraient aux individus de s’en détacher constituent les éléments essentiels de la rente médicale.

La rente légale

Un individu qui ne connait pas ses droits, qui ne comprend pas les lois et règlements auquel il doit se conformer pour vivre en société, va inévitablement, dans sa vie d’adulte, devoir faire appel à un homme de loi. Ce dernier va lui faire payer cher cette absence de savoir.

Quand cette lacune éducative se conjugue avec un travail législatif permanent dont l’objet est de complexifier le droit, alors le citoyens lambda est prisonnier de cette rente obligatoire.

Front de libération de l’éducation nationale (FLeN)

Chers professeurs et fonctionnaire de l’EN. En oubliant la raison d’être de votre Corps, en vouant un culte à la classe politique, en vous liant à elle et en vous rendant dépendant d’elle, vous vous avez oublié les attentes et besoins de la population.

Vous êtes enchaînés aux maîtres de vos écoles qui vous disent quoi enseigner à qui : les partis politiques.

Aujourd’hui vos maîtres commencent à comprendre que pour remplir vos fonctions les outils informatiques sont moins chers et plus efficaces que vous. Ils veulent désormais vous remplacer.

Si vous pensez qu’en remettant une balle dans ce flipper politique déglingué vous pourrez conserver vos emplois, c’est une erreur.

La classe politique aujourd’hui est à la main des financiers, des riches, des personnes âgées riches. Ils n’ont que faire de vous ou des enfants.

Vous avez la possibilité, puisque vous avez un savoir qui vous a été transmis, de réfléchir, d’analyser les forces en présence et de déterminer la stratégie qui vous permettrait de vous libérer de cette emprise politique : la nation.

Avez vous jamais demandé aux parents ce qu’ils attendaient de vous? avez vous jamais demandé aux enfants ce qu’ils attendait de vous ?

Je ne parle pas de ces simagrées consultations participatives où l’ordre du jour et les budget est fixé par le ministère.

Je parle d’une implication réelle des parents et des enfants dans la construction des programmes qui leurs sont appliqués. “Que périssent les profs d’italien pour le principe démocratique” aurait dit Robespierre, s’il était là aujourd’hui.

Réforme agraire

La Révolution démocratique en devenir va, comme toute les révolutions se le doivent, mener une réforme agraire.

L’éducation nationale doit elle appliquer les programmes construit par les ministres qui se succèdent à sa tête ? Pourquoi la volonté d’individus dominants (ministres/hauts fonctionnaires) doit prévaloir sur les attentes des parents et des enfants qui paient (cher) pour que leur enfants puissent avoir une meilleure vie qu’eux même ?

Comment les parents peuvent s’approprier l’outil éducationnel pour répondre à leur besoins réels?

Les syndicats, qui aujourd’hui ne sont plus qu’un rouage administratif de l’appareil d’État, sont-ils qualifiés et volontaire pour imaginer une éducation véritablement nationale ? au service de la nation et des individus qui la composent?

Sont-ils obligé de ne jouer qu’un rôle de comité de soutien et de souvenirs aux nouveaux moines copistes ? Comment les professeurs pourraient continuer d’exister dans une éducation nationale démocratisée?

Ces syndicats peuvent-ils se concentrer sur ce dont les gens ont besoin : savoir se parler, s’aimer, vivre ensemble, se soigner et se défendre légalement ? S’il reste du temps, on s’occupera des autres savoirs non essentiels.

Les clôtures des champs Elysées, des champs de savoirs exclus du commun, doivent être abattues et leur savoirs répandus.

Il n’est pas question de se passer des médecins, ni des avocats, encore moins des juges, mais ces professions doivent comprendre qu’ils doivent se réinventer. Ces professions disposent de l’appareil intellectuel pour s’imaginer dans un monde où ils ne vivraient plus de l’inégalité des savoirs mais de leur partage.

Enfin, les politiciens vont devoir comprendre qu’ils ne peuvent plus reprocher le manque d’éducation des enfants dont ils ont la charge de l’éducation. Ils prélèvent, de manière obligatoire, une partie de la richesse produite par les parents justement pour les éduquer correctement, et ils organisent les lacunes éducatives.

Cela doit cesser !