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Journalisme actuel

Le journalisme est-il démocratique?

Le journalisme actuel est calé sur l’organisation politique du pouvoir. C’est un journalisme vertical dont la direction est descendante.

Processus du journalisme actuel

Qui décide le sujet d’un article ?

Le journalisme hiérarchique

C’est le nom du journalisme actuel. Il est organisé pour traiter les sujets qui intéressent la direction du média. Le chef rédacteur se lève le matin, consulte les informations que ses collègues d’autres médias ont publiés avant lui et ordonne à un de ses employés de rédiger un article sur un sujet qu’Il aura trouvé intéressant (en terme d’audience).

Est-ce que le sujet intéresse les lecteurs ? Peut être pas, mais ce n’est pas important puisque le rédac-chef, lui, y est intéressé puisque ses confrères le sont également.

Les sujets sont forcés dans l’esprit des gens qui ont assez de temps de cerveau disponible pour accepter des informations que d’autres ont jugé intéressantes.

Le journalisme hiérarchique décentralisé

Lorsque le rédac-chef est trop vieux, n’a plus envie de s’embêter ou n’est plus intéressé à rien, il laisse à ses journalistes membres de la hiérarchie journalistique, le choix du sujet qu’ils veulent traiter eux, pour gaver l’esprit des lecteurs.

Le principe est toujours descendant.

Le journalisme politique

Ce journalisme est le plus fainéant. Il laisse au Pouvoir Politique le choix du sujet qu’il faudra faire avaler au gens. Souvent le gouvernement ou les partis politiques présentent les éléments de langage à reprendre pour que la rédaction se fatigue moins.

En fonction de la pression politique appliquée sur la rédaction, les journalistes seront libre de traiter d’autres sujets ou pas.

Quand la pression est formidable, comme c’est le cas pour le Corona virus, il est obligatoire que tous les journalistes, y compris ceux qui ne parle pas de politique rédigent des articles sur le sujet dont le Pouvoir peut qu’on parle.

Ainsi, au Figaro, qui est un des grands journaux politiques français, à l’heure où le gouvernement veut que la population reste enfermée chez elle, tout le monde doit parler de confinement, y compris les journalistes de mode, alors on fait le job que le pouvoir attend.

Le journalisme presque démocratique

Certains journaux tentent d’intégrer des processus démocratiques dans les sujets accessibles à leur lecteurs. C’est le cas par exemple à Mediapart.

Ce journal, fondé par une Personnalité du journalisme (Edwy Plenel), a démocratisé l’approche journalistique en laissant une place dans sa Une aux sujets dont ses abonnés veulent parler.

Une place est laissée, colonne à droite et en bleu, aux articles rédigés par les abonnés. Toutefois, le haut de la colonne est occupé par les articles qui auront retenu l’attention de la rédaction, les articles n’ayant pas bénéficié étant relégués au bas de la page, selon des règles algorithmiques.

Mediapart, est, à ce jour l’expérience grand public la plus aboutie de démocratisation journalistique.

Pour mediapart, la démocratie a un prix, 11 euros par mois.

Que pourrait être un journalisme démocratique ?

Journaliste est un métier. Il consiste à présenter un sujet selon les “règles de l’art” qui doivent être apprises, même si l’ont n’est pas obligé de s’y conformer.

Le journalisme démocratique n’est pas simplement l’alignement d’une suite de mots sans sens ni direction.

Un journaliste démocratique pourrait se laisser aller à ne pas attendre que le sujet qu’il doit traiter tombe du ciel (de la bouche d’un politique, d’un chef, ou d’un propriétaire), il n’est pas non plus un moyen de faire la réclame pour le travail d’un ami (ou d’un ami d’ami).

Un journalisme démocratique, dans l’élan produit par mediapart pourrait mettre le citoyen, le quidam, au centre du choix des sujets qu’il traiterait.

“qu’auriez-vous envie de lire dans le journal de demain?” pourrait-être la question que poserait un journaliste démocratique en s’adressant à son lecteur, considérant tout humain comme son égal dans le choix des sujets qu’il voudrait traiter.